Marie-Hélène Durocher


Errances


Déconstruction flâne dans nos lieux de rencontre et s’immisce dans nos réflexions. Lourde en héritage, elle se permet de flotter dans le creux de nos échanges. Elle se moque de nous en se faisant voir dans toutes les interstices, démêlant ce qui se conforte et engageant ce qui se distingue. Déconstruction se tisse entre les espaces négatifs, entre les gestes et entre les traces. Polymorphe, elle se manifeste sous divers états.



La forme qui se désincarne rend visible les diverses strates qui constitue l’objet. Décontextualisé, celui-ci se pétrifie. Il perd sa fonction primaire et acquiert une nouvelle forme. Se fixe dans un lieu distant, restructurant sa relation à l’individu. Se transpose dans une nouvelle temporalité alors que l’œuvre cristallise l’instant.



Le temps se décompose pour remanier le souvenir. Réinventer l’instant ou rejouer le moment. La répétition anime les possibles du passé. Elle engage à la fois la mémoire, l’à venir, le subjonctif. La manipulation de l’objet, l’intervention sur la matière, l’expérience gestuelle ou la perception sensible laissent en héritage des sédiments mnésiques.













Démonter le lieu pièce par pièce pour l’inverser, le retourner, le reconstruire. Montrer ses structures, sa charpente, son ossature. Dans un futur putréfié ou un passé fictif, des œuvres devaient dialoguer dans un espace des multiples. Elles devaient y séjourner, y être, ensemble, logées sur des feuilles de plywood brutes ou une cloison de métal, dans des coins exigus ou sous les chatoiements de lumière projetés par les vitraux. 



Nous nous élançons pour documenter ce qui n’aura jamais eu lieu, archiver ce qui aurait pu être, et surtout célébrer ce qui se déploie à l’entrée de la scène. À présent, ces œuvres s’entrelacent entre les pages et valsent sur le web, faisant miroiter les lancées et les portées créatrices de la communauté uqamienne.