Justine Bizier



Quel sera le résultat?




Justine Bizier est une artiste multidisciplinaire. Sa pratique se caractérise par des questionnements sur l’aliénation et le travail. Cela passe généralement par la répétition de tâches ou de gestes, ou par l’accumulation d’éléments. Elle s’intéresse beaucoup aux matériaux et aux techniques de fabrication; il lui semble donc important de faire elle-même tous les éléments d’une œuvre. La ligne directrice de son travail est souvent  la présence d’une destruction douce, que ce soit dans les étapes de créations ou dans un passage dans la vie de l’œuvre.





Stagnation est une œuvre entre l’installation et la performance. Il s’agit d’un petit pont entièrement modulaire fait de bois, d’acier et de béton. Cette sculpture s’anime grâce à la performance de l’artiste, où elle fait un va-et-vient sur ce pont mobile. Parcourant celui-ci, l’artiste tente de traverser une pièce entière. Elle avance jusqu’à ce qu’elle atteigne ce but ou jusqu’à ce que le pont se brise. Pour avancer, elle prend la section à l’opposé de la direction vers où elle se dirige, puis l’installe à l’avant de la structure. Ce geste d’aller-retour répétitif, rendu difficile par le transport des segments du pont, génère un sentiment d’immobilité, une impression d’être pris au piège dans un cycle sans fin. Cela permet de réfléchir à la difficulté d’atteindre un but et l’ardeur d’un périple. Devoir enlever une portion antérieure pour la poser à l’avant évoque le besoin de se défaire du passé pour atteindre la prochaine étape, ou souligne peut-être l’oubli de nos origines au fur et à mesure de l’avancement. Cette performance lente et contemplative permet de pousser le geste à sa limite, c’est-à-dire frapper
un mur, ou l’effondrement du pont.


























Stagnation
2019
bois, acier et béton
183 x 12 x 18 cm










Samuel Lebel Gagnon



Déterrer ce qui fut pour s'inhumer à la pelleter



Né à la frontière du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches, Samuel Lebel Gagnon a vu près de vingt années de sa vie se forger à mi-chemin entre la grève et les plateaux ornés de pylônes électriques. Depuis son arrivée au baccalauréat en arts visuels et médiatiques, sa pratique artistique s’oriente autour d’une recherche identitaire axée sur la mémoire des lieux et sur les répercussions de celle-ci, qu’elles soient collectives ou non, sur la perception du réel que l’on développe. Il s’intéresse aussi au parallèle que l’on peut dresser entre le territoire et le corps habité. Comment notre relation au lieu et à l’endroit affecte-t-elle intrinsèquement notre vécu ? Ayant délaissé sa région natale pour s’entreprendre au cœur de la métropole, la distance d’un peu plus de quatre-cents kilomètres qui les sépare est à la source de sa pratique actuelle.

Dérochage se veut une réflexion spatiale du lien qui s’établit entre le lieu et le souvenir de celui-ci; les traces gravées qu’il laisse en ceux et celles qui l’habitaient, qui l’habitent et qui l’habiteront. Lorsqu’on déroche, on prépare la terre au renouveau. Dérocher, c’est aussi s’établir: pour se bâtir, il faut préparer le terrain à recevoir des fondations. Des espaces énormes sont dégarnis afin d’y construire des villes et des villages. Les débris qui en résultent, c’est-à-dire les pierres que l’on arrache, se retrouvent sur des digues et des amas perdus au fond des champs. Le passé et le présent s’y retrouvent et attendent patiemment d’y rencontrer le futur.

Dérochant le terrain pour y apposer sa mémoire, Samuel Lebel Gagnon enduit son corps des souvenirs qu’il lui reste de son village pour se métamorphoser en une véritable carte vivante. Témoin de son passage en ce lieu, il se porte à la rencontre de ce qui est et de ce qui fût alors qu’il se prépare à se reposer sous les rochers de la digue afin de préserver la mémoire qu’il lui reste


























Dérochage
2020 Performance / Vidéo









Catherine Leroux



Les conséquences du froid




Catherine Leroux s’intéresse à la nature de l'objet domestique, à sa valeur symbolique et à sa charge émotive. Sensible à la question écologique, elle a pour objectif d'arrêter de produire des objets qui n'ont qu'une seule utilité. C'est pourquoi elle accumule ces derniers, les collectionne et les classe minutieusement. Des morceaux d'argile, des plantes et des objets de la vie quotidienne tels que des tablettes, des bols et bien d’autres meublent son quotidien jusqu’à ce que l’artiste trouve un moyen de leur donner une seconde vie. La question de l'utilitaire se pose: comment l'objet d'art et l’objet usuel peuvent-ils être permutés? Comment la confection ou la disposition de ceux-ci dans l'espace peuvent-elles altérer leur nature? L’artiste se penche donc, dans la mesure du possible,  sur le processus de fabrication  et elle tente de produire l’entièreté de ses objets usuels. À travers une variété de médium, elle prépare, travaille, transforme et récupère les objets du quotidien.


En suivant l’idée de la déconsommation, l’artiste a commencé à confectionner des remèdes à base de plantes. L’œuvre Les conséquences du froid est une représentation d’une pratique qu’elle fait au quotidien.

Chacune des cinq tablettes illustre une des actions qu’elle effectue lors de la réalisation de  remèdes qui atténue les symptômes du rhume.




2020

Céramique, plante et objet du quotidien

Dimensions 100x480x20


















Choisir et cueillir: petit inventaire des plantes médicinales cueillies dans les environs: aiguille d’épinette, fleur d’achillée millefeuille, branche de cèdre, fleur de vinaigrier et sapin.


Faire sécher: cuillère et corde, technique de séchage par bouquet.


Conserver et/ou transformer: pot rempli de plantes et de produits faits à partir de celles-ci: baume décongestionnant et pastille pour la gorge.


Infuser: toutes les plantes cueillies qui infusent pendant l’exposition.


Consommer: grande cuillère contenant du sirop de vinaigrier.











Meganne Brion



Photographies argentiques, Novembre.


 
  
   



Chère













Sans Titre













Réflexion








Thibaut Ketterer



P.E.I. & P.E.I. : In Between


Thibaut Ketterer s’intéresse à l’être humain en régions rurales, à ses conditions de vie et à sa place dans nos sociétés contemporaines. Il s’interroge plus précisément sur différentes problématiques sociales comme la disparition des mœurs et coutumes dans les régions éloignées, la relation à la terre natale, l’oubli des racines et la vision changeante des jeunes et moins jeunes sur leur avenir en région. Son travail s’articule principalement à travers la photographie couleur et les enregistrements sonores.

L’œuvre P.E.I & P.E.I est un documentaire photographique réalisé en deux ouvrages : un livre et un journal. Ce travail est le résultat d’une errance photographique poétique qui mélange des paysages naturels, des lieux habités ou abandonnés, des matières organiques, des portraits d’habitant.e.s de l'Île-du-Prince-Édouard et des touristes.  Durant l’été 2014, l’artiste a sillonné de long en large la plus petite province du Canada. Il s’intéresse à l’impact des changements climatiques qui se font ressentir dans cette région, tels que la montée des océans, l’amoindrissement des glaces sur les côtes et l'érosion du sol friable composé d’argile et de roches sédimentaires. Ainsi, l’artiste veut mettre en lumière l'éphémérité de l’équilibre de cette région.
























1.

Touriste québécois
Août 2014
Impression jet d’encre sur
papier qualité archive
40,6 x 61 cm 
2.

Image du journal imprimée P.E.I. – In Between
Août 2019
impression jet d’encre et typographie traditionnelle
Format du livre 28 x 38 cm, 22 pages











3.

Image du livre imprimé P.E.I. édition limitée
Avril 2020
Tirages numérotés
- 1 à 30 édition limitée une carte de l’IPÉ en risographie sur papier japonais, un tirage photographique et une boite en érable
- 31 à 300, incluant une carte de l'île du Prince Édouard imprimée sur jet encre et papier journal et typographie traditionnelle.
Format du livre 14 x 9 cm, 98 pages