Florence Gagnon


neurone cosmique



La pratique artistique de Florence Gagnon se matérialise à travers divers médiums : la sculpture en céramique et en métal et l’estampe. La plasticité de la matière joue un rôle déterminant dans son travail, car la question du « faire » — le savoir-faire relié à la technique artistique — et l’attention portée aux gestes lui sont importantes. L’idée du corps et de sa fragilité en tant qu’entité matérielle sont au cœur de sa recherche artistique. Elle évoque, entre autres, les enjeux liés au « corps brisé », à l’intime et aux blessures invisibles, interrogeant ainsi la relation à l’autre par le caractère intime des sujets, la représentation du corps et la notion de santé
mentale.                                                                                                 

Pour la réalisation de cette œuvre, l’artiste s’est inspirée des écrits de Hubert Reeves, de la cosmologie et de la ressemblance formelle entre les structures des galaxies et celles des neurones. Ces dernières prennent la forme de noyaux d’énergie éclatés en dendrites liés à d’autres noyaux ou galaxies en une chaîne presque infinie. L’artiste a donc voulu établir une relation visuelle entre l’Humain et l’Univers. Les dimensions du projet sont de taille humaine afin de confronter le.la spectateur.trice à cette sorte de corps déployé dans le même espace que lui.elle. Le sujet en tant que tel rapproche le micro (neurone) au macro (galaxie): deux échelles « invisibles » pour l’œil humain ou seulement perceptibles par imagerie scientifique. Le travail de l’acier a été réalisé à la forge et au chalumeau. Les tiges entrelacées sont à la fois fragiles et fortes et les pièces sont assemblées par soudure. Cette manière de travailler l’acier en jouant notamment avec le refroidissement des pièces permet de créer une texture se rapportant à l’écaillement tout en formant des cernes de couleur changeantes.
















2019
Sculpture en acier
107 cm x 161 cm x 117 cm









Étienne Colpron Turbide



Limon Voyage





Limon voyage veut rendre compte de l’état des lieux. Les débris architecturaux sont mis en dialogue avec l’eau et l’écorce.

Rapport avec la fouille archéologique
Fermer les volets sur le réalisme opérant, petite manœuvre que la vie prend. Les yeux sont ouverts pour gober toute information ; vont changer quelques données et vont tourbillonner ces têtes déjà malades de satiété par système géré. Les penseurs modernes domptent avec illumination constante et peinent à écouter un écran sombre. Se posent les doigts, on voit les empreintes et les neurones dans le blabla du grand ruisseau que font ensemble les mots, système opérant.



















2020
Vidéo capté par iPhone
3min25

Maguy Clouston





DISCIPLINE EN CONSTRUCTION

!!! Vous vous apprêtez à entrer dans une zone en construction/déconstruction. !!!

Les travaux s’étendront sur encore de nombreuses années.

La mise en espace du Maquis 2020 se vit comme un chantier en travaux. Elle me rappelle que les arts, autant pratiques que théoriques, sont en changement. La métaphore d’une construction/déconstruction s’utilise bien dans cette idée d’une nouvelle formule pour la discipline artistique. Dans la discipline artistique j’englobe tous arts visuels et littéraires, les théories de l’art et l’histoire de l’art. Pour arriver à des pratiques et des théories plus diversifiées et plus inclusives, je crois qu’un nouveau plan en deux grandes phases est de mise. D’abord, la phase de démolition pour mieux rebâtir. Puis la phase de construction, de la charpente jusqu’au fini intérieur pour une discipline remise à neuf jusque dans ses moulures.

Phase 1 : Démolitions des fondations désuètes et craquées laissant s’infiltrer des pratiques exclusives et des hiérarchisations illégitimes

1.1-        Coups de masse sur les fondements théoriques érudits éloignés de nos réalités

1.2-       Desserrage des vis sur les pensées considérants comme étant l’autre, tout être non blanc, non hétéro-normatif s’identifiant à un, ou plusieurs genres autres que femme ou homme.

1.3-       Sciage des pensées considérants comme étant l’autre, tout artiste ne pratiquant pas son art en utilisant les médiums hiérarchisés dans l’histoire de l’art.

  Phase 2 : Construction de la charpente jusqu’au fini intérieur

2.1- Charpente composée d’une recherche pluridisciplinaire montée sur une nouvelle fondation solide amalgamée de nouveaux savoirs, de nouvelles méthodes et de nouvelles problématiques.

2.2- Murs solidement montés d’une reconnaissance et d’une appréciation de la diversité des médiums et des identités et/ou nationalités à laquelle les artistes/théoriciens.nes sont associés.es.

2.3- Pièces finies en style air ouvert laissant une place intéressante et égale à ceux et celles que l’on qualifiait, autrefois, comme « les autres ».


Bienvenus.es dans cet espace multidisciplinaire, Bienvenus.es dans un festival artistique qui se veut inscrit dans ces constructions neuves.


Axelle Chevalier Héroux

Void : American Dream








Axelle Chevalier-Héroux s’intéresse au processus qui permet d’imaginer, de conceptualiser et de réaliser des œuvres. Par une méthode quasi scientifique, elle développe des réseaux de concepts à partir de contraintes qu’elle s’impose. Que ce soit par une forme spécifique, une thématique précise, un concept défini ou encore une pensée abstraite, les contraintes lui permettent d’approcher l’infini des possibles.

En utilisant de la peinture, de la sculpture, de l’estampe et du collage numérique, sa pratique artistique met en scène ses réflexions. Les notions à portées universelles telles que le temps, le mouvement, l’harmonie et l’espace servent à la fois de point de départ et de finalité de ses oeuvres. L’artiste souhaite offrir un espace d’évasion, de tranquillité et d’introspection sur ce qui nous entoure et ce qui nous habite.


Par une immersion à l’intérieur du socle traditionnel, Void : American dream propose une vision imaginaire de ce territoire inexploré. Au centre du socle, de larges sillons dans l’argile humide évoquent le geste de s’engouffrer à l’intérieur d’un monde inconnu et onirique. Se tenant devant cet univers, une famille modèle est habitée par un désir profond de le conquérir. En se heurtant frontalement à la matière, la famille se voit ensevelie par son rêve. L’œuvre révèle à la fois l’impasse de la nature bidimensionnelle et l’avenir des possibles.

Vivante, la matière réelle et virtualisée évolue en suivant les variations de son environnement. L’humidité, la température et les pixels déforment les sillons. L’éphémérité de la matière transforme l’imaginaire que l’on se fait d’un espace de la même manière que la pensée et la mémoire.  Void : American dream offre une possibilité de s’arrêter et de prendre le temps de s’intéresser à l’imaginaire de la sculpture dans l’interstice numérique.









2020
Collage numérique
Dimensions variables
Void : American dream émerge d’une réflexion sur la sculpture et sa matière entamée par la réalisation de l’oeuvre Créer le vide (2019).









Rafael Favero



intérieur.extérieur





L’œuvre intérieur.extérieur explore la frontière entre l’imaginaire et la réalité; entre la subjectivité et l’objectivité : deux mondes qui se confrontent et qui sont interdépendants. La vidéo s’inspire des théories du philosophe et écrivain Aldous Huxley sur l’expérience visionnaire. Ses théories parlent du mouvement entre la lumière et les images intérieures face aux formes et aux environnements manifestés à l’extérieur. L’œuvre vidéo est une illustration de cette dynamique.

La trame sonore est composée des extraits d’une archive de la voix de Huxley enregistrée lors d’une conférence au Massachussetts Institute of Technology en 1962. Dans celle-ci, il parle de la grandeur de l’expérience visionnaire à travers les yeux intérieurs et, par conséquent, de la transformation de la perspective personnelle envers l’extérieur. Les images jouent avec les idées d’espace et de frontière. La lumière est un élément clé dans le déroulement des séquences: elle représente la caractéristique immatérielle de l’expérience visionnaire.


Rafael Favero est originaire du Brésil et immigre à Montréal en 2012. Suite à cette expérience, il remet plus fortement en question son identité, son rapport aux territoires et aux cultures, les notions de frontières et la dynamique entre l’individu et la collectivité. Favero travaille comme vidéaste documentaire sous les rôles de caméraman et de monteur vidéo. Les projets qu’il entreprend correspondent à ses préoccupations sociales, politiques et artistiques. En 2019, il recentre ses préoccupations sur sa pratique artistique et s’y consacre à temps plein.







































intérieur.extérieur
2019
Vidéo numérique en couleur, son stéréo
1 minute 35 secondes