Catherine Asselin Boulanger



Exploration photo et vidéo du corps en mouvement



Nourrie par un baccalauréat en photographie, c’est toutefois sur sa formation en mime corporel Decrouzien que Catherine Asselin-Boulanger fonde sa recherche actuelle. Depuis une vingtaine d’années, elle apprend ce langage du corps raffiné, évocateur et syntonisé sur l’imaginaire et la pensée, qui se base sur une technique rigoureuse d’analyse du mouvement et du corps dans l’espace.

Comment, par la photographie et la vidéo, pouvons-nous représenter ce langage du corps?

Comment pouvons-nous faire œuvre de ce passage d’un art vivant à un art visuel?

Par la direction et la mise en jeu d’acteurs.trices, elle cherche à mettre en images les corps — ou la rencontre de ceux-ci — traversés par un affect. Le regard tourné vers l’intérieur, ses collaborateurs.trices représentent le corps à l’écoute de sensations.

Catherine Asselin-Boulanger s’attache à celles-ci à la fois comme source du mouvement et comme moteur de création.
Ayant comme sujet le corps mû de l’intérieur, elle explore le mouvement infime et toutes les subtilités et les nuances qui apparaissent quand on ralentit le mouvement. Dans le cadre d’une scénographie qui cultive l’impression d’apesanteur d’un corps fictif, elle interroge son intimité dans un état de seuil et dans la présence d’une tension érotique. Elle s’intéresse au pouvoir et à la puissance émergente de ce corps à la fois porté et submergé par ce qui l’entoure, ainsi qu’aux dynamiques interchangeantes de celui ou celle qui est pris.e et celui ou celle qui prends. Elle est inspirée par ce que Bataille définit comme l’expérience intérieure et est motivée par la quête de l’imprévu, du moment charnière qui se refuse à être orchestré






























Arrêts sur images tirés d’une vidéo sans titre
2018
Avec les comédiennes María Fernanda, Monroy Gómez (visibles dans la vidéo) et Véronique Girard (invisible dans la vidéo)
02:33 minutes

Gabrielle Blain Rochat



                        suite poèmes: le vent étoufferait mes cris de toute façon,










endrapée de dentelle noire

la lune en clair de peau

le bain est vide maintenant

un jet de lumière

bégaie à la porte




mes mots perdus

quelque part dans ma grande bouche

une larme coule à l’envers

le sel se gorge sous mes cernes

ne pas sortir ne pas

fumer de cigarette ne pas

penser à ma mère

je pense à la disposition

des meubles de la chambre

si tu n’y dormais plus

à la musique qui

à nouveau peut-être

jouerait pour moi




tes soupirs en pied-de-vent

divines tâches sombres

pour demain à compter

si je ferme les yeux










Stéphanie Provost



Différents états d’un même moment



La pratique artistique de Stéphanie Provost se déploie à travers des médiums tels que la vidéo, l’image de synthèse, la photographie, l’écriture et la performance. Ayant souvent le sentiment de ne pas s’appartenir complètement, l’artiste altère des images de son corps dans le but de créer un effet de distanciation. Le regard qu’elle pose sur elle-même devient alors vecteur de création et de reprise de contrôle sur soi. L’artiste puise de la force dans la vulnérabilité qui émerge de l’anxiété et de l’angoisse qui l’habitent. L’identité et le corps sont des thèmes clés dans sa pratique. Également sensible à la dimension éphémère de l’existence, Provost utilise la technologie dans son potentiel de désincarnation/réincarnation, d’affranchissement et d’existence à travers différents espaces et différentes temporalités. Inspirée par l’étrangeté, elle inclut souvent cet aspect dans ses œuvres par le biais d'effets de présence ou encore par l’effacement, la fragmentation ou le dédoublement de soi.



















Différents états d’un même moment est une vidéo suggérant la recomposition de soi suite à un effondrement. Le mélange d’images de synthèse et de photographies numériques qui divulguent seulement certaines parties du corps vient renforcer l’hybridité qui émane de cette recomposition. Les états se manifestent à travers différentes étapes: l’équilibre, la chute, la transformation et la réincarnation. La trame sonore ponctue ces étapes et accentue la distorsion de l’espace et du temps. Les différents états peuvent faire référence à l’âme comme à la matière. Le passage de la représentation identitaire à une matière informe vient subtilement interroger les codes dominants dans les sphères du sexe et du genre.



















2019
Vidéo d’animation
3 min. 2 sec







Robie Schuler



Violences cinématographiques




Robie Schuler, originaire d’Allemagne, a d’abord suivi une formation en théâtre avant de se tourner vers les arts visuels. Sa pratique s’inscrit dans une démarche d’autofiction et fait appel à l’écriture, la métaphore et la poésie. Ayant été victime de violence conjugale et diagnostiquée avec un symptôme du stress post-traumatique, elle s’intéresse à la culture du viol, aux notions de trauma et de violence et à leurs après-coups. Elle aborde les thématiques de la trace et du souvenir. Sa démarche est féministe et la notion d’empathie est centrale à son travail. L’œuvre devient un transfert, un bourgeonnement d’affects, un déclenchement du sensible, de ce qui nous habite lorsque l’on revêt la peau de l’autre afin d’observer ses yeux à travers autre chose que les nôtres.

L’installation met en scène trois vidéos muettes qui jouent simultanément. La première vidéo remet en question la représentation sensuelle du corps féminin dans les scènes d’agressions sexuelles. Dans cette vidéo, Robie Schuler se déshabille et se rhabille. Face à une répétition et à une superposition autant métaphoriques que réelles, le corps dénudé devient mécanique. Dans la deuxième vidéo, une femme pleure subtilement en fixant la caméra, figée dans une position séductrice. Le plan joue sur la dichotomie entre la mise en scène et le visage qui exprime une douleur réaliste, s’inscrivant dans la banalité de la violence. Dans la troisième vidéo, des mains touchent un pubis recouvert de fleurs. Cette performance joue sur le contraste entre la douceur des couleurs et les mains du sujet qui deviennent plus violentes. Un jeu sur le malaise est présent.





Romantise la violence

La violence est souvent banale

Esthétise la violence

Scénarise la violence

Enferme-là au cinéma



Spectacularise la violence

Alors que le spectacle est tout autour de toi.






















































































































2019
Installation vidéo de 3 projections
5 min

Matteo Esteves


L’histoire qu’on ne raconte pas
2019
Encre de Chine sur Papier.